Fouille de la ferme médiévale attenante au château des Seigneurs de Mouhin (Waremme)

En 1969, des fouilles de sauvetage, de la ferme médiévale attenante au château des Seigneurs de Mouhin, sont entreprises en urgence.

Le site risque, en effet, d’être recouvert par les remblais de l’autoroute. Ce site se trouvait dans une prairie joignant le ruisseau de la Mulle, enjambé par le pont de la route Waremme – Saint-Trond. Au 19ème siècle, on y avait trouvé un tertre entouré d’eau où on a découvert d’anciens fondements, des outils en fer et une lance.

On y retrouve:

  • des vestiges de muraille
  • de très nombreux tessons de céramique (cruches, bouteilles, …), notamment un tesson de grès gris et brillant orné d’un écusson,
  • divers objets, tels des fusaïoles (rondelles utilisées par les fileuses). Plusieurs de ces pièces datent du XIIIème et XIVème siècle.
  • et un pieu provenant des fossés de défense du château.

Il s’agit probablement des vestiges de la Tour des Seigneurs de Mouhin et de la ferme attenante.

Note: Ces seigneurs ont été assassinés au cours de la Guerre des Awans et des Waroux, au XIVème siècle.

Les tumuli du Bois des Tombes sont fouillés (Waremme)

En 1944, les deux tumuli romains du Bois des Tombes sont fouillés par l’archéologue A(R)MAND (?), pour le Service des Fouilles de l’Etat.

Le tumulus 1 est entouré d’un muret circulaire. Ce tumulus surmonte un caveau carré de 3 mètres de côté et d’1,30 mètre de profondeur. Ce caveau a été vidé par des pilleurs. Au centre subsiste la trace d’un mât en bois.

La galerie de fouille dans le tumulus 2 ne rencontre aucun caveau mais aboutit également, au centre, à la trace d’un pieu.

Un trésor est découvert à Grand-Axhe

Le 1er mars 1876 un trésor est découvert à Grand-Axhe.

Dans un fossé d’un mètre cinquante à proximité de l’église, réalisé pour la confection de briques, un véritable trésor est découvert par un cultivateur: une cruche en grès brun, de fabrication grossière, dont la partie supérieure du col était brisée, contenant 88 petites pièces d’argent, des deniers du début du XIIIème siècle.

Ces monnaies, les unes très frustes, les autres mieux conservées, appartiennent, sans aucune exception, à une même époque et à deux princes contemporains qui ont vécu en très mauvaise intelligence : DE PIERREPONT Hugues, prince-évêque de Liège (de 1200 à 1229) et HENRI 1er, duc de Brabant (de 1190 à 1235). Il y a 76 deniers de Hugues de Pierrepont et 12 deniers d’Henri de Brabant.

Ce petit dépôt de monnaies aura, sans doute, été confié à la terre deux ou trois jours avant la fameuse bataille du 13 octobre 1213, dite « de la Warde de Steppes », période pendant laquelle les troupes brabançonnes dévastaient la région.

La cruche, avec son contenu, a été cédée par le cultivateur qui a fait la trouvaille, à l’Institut archéologique liégeois.

Découverte de la villa romaine de Waremme

En 1838, communication du Baron Michel-Edmond de Selys-Longchamps à propos de la découverte de la villa romaine de Waremme:

« … , l’Etat faisait une grande excavation pour élever le remblai du Chemin de Fer. A la traverse du Geer, on mit à jour plusieurs maisonnettes construites en moellons, silex et tuiles romaines.

Ceci me décida à pratiquer des fouilles dans la parcelle voisine et nous y dégageâmes les substructions d’une villa romaine assez étendue.

Il s’y trouvait, entre autres, un hypocauste en bon état et tout le matériel ordinaire de ces habitations rurales d’une certaine importance : tuyaux, tuiles, faîtages, nombre de grands clous en fer, grand nombre de vases et d’amphores brisés, stucs à bordures de diverses couleurs, ossements d’animaux domestiques et un petit nombre de monnaies, toutes antérieures au Bas-Empire.

Les objets précieux avaient été enlevés lors du saccagement de la villa … »

Le système défensif de Waremme au 11ème siècle

Vers 1078, les défenses se sont développées au sud du Geer, qui constitue un obstacle naturel. L’élément central de ce système est formé d’une butte (qui porte la dénomination de « motte »). Il s’agit d’une levée de terre au sommet de laquelle s’élève le donjon. Cette éminence, de la forme d’un cône tronqué, est entouré de fossés (fossés relevés ou digues), consolidés semble-t-il à l’est par un rempart (vieille muraille). A l’ouest, au-delà du fossé qui entoure le château, un ruisselet double la première ligne de défense du fossé principal. Une seconde ligne de fossés se situe au-delà du ruisseau. Des sentiers relient l’élément défensif à des sources et à des fontaines, nécessaires à l’approvisionnement en eau, tandis qu’un passage, sur le flanc sud-est, relie le château à l’église, avec un diverticule aboutissant à une grange. Le cimetière entourant l’église, est ceint de murailles. Il doit donc faire partie intégrante des éléments défensifs avancés du château. Enfin, vers le sud, des fossés et un rempart complètent les fortifications.

Le fossé creusé autour de la ville fournit la terre nécessaire pour élever le rempart qui le longe. Un assaillant doit donc franchir un double obstacle. Ce dispositif a une grande efficacité contre les lourds cavaliers du Moyen-âge.

Le château de Waremme est une forteresse érigée en bordure d’une voie stratégique: la Chaussée Romaine « Boulogne – Bavay – Maastricht – Cologne ». Il possède donc une valeur stratégique importante.

La destruction des Villas romaines de Hesbaye

Vers 200, destruction des villas romaines de Hesbaye.

La destruction des villas romaines de Hesbaye daterait du règne de SEPTIME SEVERE (193 – 211), époque à laquelle la région fut envahie par les Germains. Certaines villas ont cependant survécu jusqu’au 4ème siècle.

La Villa romaine (Waremme – Rome)

Ce n’est pas une simple ferme. Le maître d’une villa est un notable, qui prend possession d’un domaine qui peut parfois s’étendre sur plusieurs centaines d’hectares. Il va l’aménager et y développer l’agriculture, l’élevage, la culture fruitière et maraichère. Pour cela, il va devoir défricher, drainer et irriguer des terrains, curer des fossés, assécher des marais, … Pour ses constructions, il doit installer une briqueterie et une tuilerie. Dans son personnel, il doit y avoir des maçons, des carreleurs, des ardoisiers, des bucherons, des charpentiers, des menuisiers, des charrons, des forgerons, des bourreliers, des potiers, des céramistes, des tisseurs, des tanneurs, des vanniers, … Outre cette main d’œuvre spécialisée, il doit disposer de « manœuvres » pour la constructions de routes, pour extraire les matières premières dans les carrières (sable, silex, marne, …), pour endiguer les cours d’eau, … Il doit également fournir des hommes à l’armée d’occupation. Une villa est donc une véritable agglomération, grouillante d’activité.

Les techniques agricoles sont plus évoluées que celles utilisées par les autochtones : moissonneuse de Buzenol, charrue, attelage à brancards, …).

Une villa est généralement située à proximité d’une route importante (ce qui est le cas à Waremme), ou dans un site privilégié du point de vue défensif. Elle peut servir de relais de poste et de point de ravitaillement aux troupes qui font mouvement.Les plus grandes villas peuvent d’ailleurs disposer d’une garnison pour leur protection.

Principe de l’hypocauste : les pièces de l’habitation sont construites avec un espace vide sous le sol et dans les cloisons. Ces espaces vides sont reliés au toit par plusieurs conduits de cheminées. Un four est situé contre un des murs donnant dans cet espace vide. Lorsque le feu est allumé, de l’eau est chauffée dans un réservoir ; la chaleur et la fumée, produites par le four, sont aspirées sous les sols et dans les doubles cloisons, avant de s’échapper par les cheminées. Du personnel (des esclaves) est chargé de faire fonctionner l’ensemble : apporter le bois, entretenir le feu, remplir le réservoir d’eau, …

Les « tumuli » de la région de Waremme

Le Tumulus de la Plate Tombe (actuelle rue du Tumulus, derrière le restaurant Acapulco). Il a une hauteur de 3 mètres, une longueur de 19 mètres et une largeur de 18 mètres 50. Les fouilles menées n’ont permis de découvrir que quelques pièces de monnaies romaines, car le caveau a été pillé. Le tumulus est difficile d’accès, derrière un garage et un jardin. Il est classé depuis 1979 et repris comme patrimoine exceptionnel de Wallonie depuis mai 2009. Cela signifie qu’il devrait être protégé et qu’on devrait pouvoir y accéder. Or, une dalle de béton a été collée jusqu’à sa base, d’énormes arbres et des broussailles ont poussé dessus et des tonneaux garnissent l’endroit. On ne sait même plus en faire le tour.

Les deux tumuli au Bois des Tombes sont masqués par une végétation sauvage. Ce bois privé devait, en principe, être transformé en espace public. Le tertre sud présente une hauteur de 11 mètres 90, une longueur de près de 56 mètres et une largeur de 50 mètres 70. Il surmonte un caveau carré de 3 mètres de côté et de 1 mètre 30 de hauteur. Le second tertre présente une hauteur de 11 mètres 55, une longueur de 54 mètres 25 et une largeur de 52 mètres 50. Des fouilles ont été menées en 1944. Elles ont permis de constater que le mobilier de ces tombes avait été enlevé précédemment, sans doute par quelque chercheur de trésor. Elles ont néanmoins révélé que ces 2 tumuli présentent une particularité assez rare en Belgique, à savoir la présence d’un muret entourant la base du tertre.

Les tumuli de Waremme n’ont malheureusement rien livré comme matériel archéologique, car ils ont été pillés auparavant.

La chaussée romaine de Bavay à Cologne

C’est une voie romaine reliant Bavay, capitale des Nerviens (Bagacum Nervorum), à Cologne, capitale de la Germanie inférieure ‘Colonia Claudia Ara Agrippinensium), en passant par Tongres (Atuatuca Tungrorum). C’est aussi une des sept chaussées « BRUNEHAUT », rayonnant autour de Bavay. BRUNEHAUT était une reine des Francs, morte en 613. Elle a fait réparer les routes romaines de France et de Belgique qui, de son temps, étaient tombées en ruine faute d’entretien. A Cologne, elle est appelée « Via Agrippinensis » et plus récemment « Via Belgica », par les archéologues allemands.

Elle a été construite par les Romains dès le Ier siècle de notre ère. Elle traverse la commune de Waremme d’un bout à l’autre, sans passer cependant par la ville.

C’est par elle que passèrent les Chauques, vers l’an 179, quand ils envahirent le pays ; les Francs en 388 ; ATTILA en 451. CLOVIS l’utilisa en 496 pour aller à la rencontre des Allemands qu’il vainquit près de Zulpich. Le duc de Bourgogne JEAN SANS PEUR y passa en 1408, se dirigeant vers Montenaecken, où il remporta sur les Liégeois la fameuse bataille de ce nom.

Sa longueur est de 283 kilomètres.

GUICHARDIN au 15ème siècle, cité par LE BAS Philippe en 1845, évoque des restes qu’on pouvait voir dans la Gaule Belgique d’une voie romaine tracée de Paris à Tongres, qui était une « œuvre merveilleuse », miraculeuse en raison d’une partie du tracé fait de très grandes pierres.

Ce tronçon suit actuellement la procédure qui devrait le reconnaître au Patrimoine Mondial de l’UNESCO, et sauver pour les générations à venir le plus grand, et l’un des plus anciens vestiges en Belgique, des premières civilisations en Europe.

Symbole d’union, cette voie remplit depuis l’Antiquité sa mission d’échanges et de communication.

Divers sondages archéologiques ont mis en évidence son architecture. L’assise de la route comporte deux ou plusieurs couches de matériaux locaux, disposés sur un sol nivelé ; les produits fins et compacts à la base sont recouverts d’une couche de pierre ou de pierrailles. Le revêtement est le plus souvent un empierrement bien tassé plutôt qu’un beau pavement. Les recharges sont plutôt rares. Le drainage est assuré par le profil bombé de l’ouvrage et parfois par un ou deux fossés.

Une attention toute particulière a été portée à son implantation. Des fossés latéraux, tracés à 20 mètres de l’axe central, lui-même marqué au sol par une rigole, délimitent l’emprise initiale du terrain public.

Entre Braives et Tongres, son tracé traverse les communes de Geer, de Waremme et d’Oreye.

Les Omaliens dans la région de Waremme

Vers – 5.000 et – 4.000, les Omaliens, une peuplade agricole venue de la région du Danube, après avoir remonté le Rhin et traverser l’Eifel, se fixent en Hesbaye. Ils fondent leur économie sur l’agriculture. Ils trouvent en Hesbaye des terres répondant admirablement à leurs besoins. Selon les géographes, à cette époque, la région est largement boisée, parsemée de clairières et de zones de steppes, avec des fonds de vallées marécageux et tourbeux.

Les Omaliens défrichent autour des clairières, sèment du blé ou de l’épeautre, du froment, du lin, de l’orge, de l’avoine, du millet, qu’ils récoltent à l’aide de faucilles et de houes, avant de moudre le grain à l’aide de meules.

Ces hommes se sédentarisent et façonnent leurs outils par polissage.

Les artisans omaliens excellent dans la technique de la poterie. Des vases de toutes dimensions s’inscrivent presque tous dans une portion de sphère ; seuls quelques rares fonds plats apparaissent à la fin de cette époque. Des mamelons, anses ou garnitures partagent parfois la panse du vase en 3 ou 4 parties symétriques. Des décors occupent la panse et le col des vases, en creux ou en relief. Cette ornementation caractéristique leur a valu le nom de « céramique rubanée ». Les techniques de réalisation de ces poteries atteignent leur apogée en Hesbaye.

Les mamelons sont des protubérances appliquées sur les bords ou la panse des poteries et destinées à faciliter la préhension.

L’outillage omalien se caractérise par l’utilisation de roches éruptives et gréseuses pour polir les outils. Les polissoirs et les meules à moudre le grain sont en grès ou en arkose. Les outils communs sont en silex : grattoirs, couteaux, perçoirs, … sont réalisés à partir de lames.

Ils pratiquent un rite funéraire en deux temps : crémation, puis enfouissement des cendres. On a découvert un de leurs cimetières à Hollogne-aux-Pierres.

Ils se regroupent et vivent en villages (les premiers dans nos régions) réunissant quelques habitations de bois et de torchis, recouvertes d’un toit à double pente. L’entrée de ces habitations s’ouvrait invariablement vers le Sud-est, sans doute en raison des conditions météorologiques. Ils creusent des fosses pour extraire le limon nécessaire à la construction des parois. Elles servent ensuite de dépotoirs pour les déchets domestiques. Ces agglomérations sont parfois entourées d’une enceinte. Une réplique de la maison omalienne, grandeur nature, a été construite à Omal.

On recense 6 de ces habitats dans l’entité waremmienne :

  • une vaste station, principalement localisée à Berloz, se prolonge à Grand-Axhe sur la rive gauche du Geer
  • à Waremme-Trihette, une fosse a été fouillée sur la rive gauche de la Mule
  • deux villages à Oleye Al Zepe et Waremme-Longchamps. Ils étaient protégés par une enceinte palissadée, précédée d’un fossé et pourvue d’entrées fortifiées. Le village d’Oleye comprenait 12 grandes maisons rectangulaires, dont certaines auraient été détruites par un incendie.