Baudouin 1er de Jeneffe devient châtelain de Waremme

En 1230, à la demande du Légat du Pape, le Cardinal-Diacre OTTON, le Prince-Evêque de Liège, D’EPPES Jean, concède la châtellenie de Waremme en fief à DE JENEFFE Baudouin. Il s’agit peut-être (?) d’un geste de reconnaissance, pour le rôle joué par Baudouin dans l’arrestation du Comte D’ALTENA D’ISENBERG, le meurtrier de l’archevêque de Cologne, DE BERGHES Englebert, en 1225.

DE JENEFFE Baudouin rend hommage au Prince-Evêque de Liège et promet, sur la foi, que son successeur ne se marierait pas en dehors de la famille allodiale de l’Eglise de Liège (pour que le domaine reste un fief du Prince-Evêque ?). Ses frères, D’OREYE DE JENEFFE Arnould et DE LIMONT DE HERBAIS Robert, sont donnés comme garants de cette promesse.

DE JENEFFE Baudouin 1er est le premier châtelain de Waremme connu. Il le restera jusqu’en 1248. En acquérant la châtellenie, Baudouin acquiert le droit de percevoir la dîme à Waremme.

(Entre 1078, date de la donation du domaine par ERMENGARDE au Prince-Evêque de Liège, et 1229, le domaine de Waremme était probablement exploité par un avoué, au nom du Prince-Evêque).

Baudouin 1er de jeneffe épouse Ermentrude de Montferrant (Waremme)

En 1210, DE WAROUX DE LEXHY DE JENEFFE Baudouin épouse DE MONTFERRANT Ermentrude, 3ème fille de MONTFERRANT Ive. Ils sont tous les deux âgés de 23 ans. Il sera le premier châtelain de Waremme.

Ils auront cinq fils:

  • DE JENEFFE Libert, dit « Butor »
  • DE JENEFFE Gérard, dit « Tatar »
  • DE JENEFFE Guillaume
  • DE JENEFFE Richard
  • DE JENEFFE Arnold

Otton de Duras habite le château de Waremme

Vers 1110 (?), Waremme est le quartier général de DE DURAS Otton, fils de DE DURAS Gislebert, qui en habite le château. (L’avouerie de Waremme doit donc avoir été confiée aux Comtes DE DURAS). Le château est plus imposant que l’église. Ses portes sont lourdes et massives.

Les « Mottes » de Hesbaye au 11ème siècle

Si ERMENGARDE a disposé d’un vaste domaine à Waremme, d’autres Seigneurs possèdent également des domaines sur le plateau hesbignon. Ils élèvent des « mottes » : des donjons de charpente, puis de pierre, dressés sur des levées de terre en forme de cône tronqué, d’une hauteur de 3 à 20 mètres, de 40 à 110 mètres de côté, entourés d’un fossé ou d’une palissade et parfois reliés à une église. Ces donjons servent de tour de guet et d’habitation seigneuriale. C’est ainsi que le château de Fallais est élevé sur les bords de la Mahaigne par les Seigneurs de Beaufort. La basse-cour abrite les bâtiments agricoles et artisanaux, et l’habitat du « commun ». Beaucoup de « mottes » sont donc un facteur de regroupement des habitations et ont peut-être même contribué, avec l’église, à fixer les villageois. Certaines d’entre elles ont été à l’origine de villes que les historiens appellent « bourgs castraux ». Waremme est un de ces bourgs.

Henri de Durbuy, avoué de Waremme

En 1078, lorsque la Comtesse ERMENGARDE donne à l’Eglise de Liège une bonne partie de ses biens, elle désigne le Comte DE DURBUY Henri comme avoué. Il doit s’engager par serment à ce que lui ou son successeur rende le château de Waremme, s’il ne respecte pas les dispositions qu’elle vient de prendre. (Il décèdera après 1097).

Ermengarde fait don de l’alleu de Waremme au Prince Evêque de Liège

Le 5 février 1078, la Comtesse ERMENGARDE fait don de l’alleu de Waremme à l’évêque de Liège, DE VERDUN Henri.

L’alleu de Waremme comprend le château de Waremme, 86 manses totalisant 1032 bonniers de terre (une manse équivaut à 12 bonniers et 1 bonnier équivaut environ à 1 hectare), 5 moulins, 6 brasseries et 815 vassaux qui forment, probablement, toute la population de la localité à cette époque. Des 1032 bonniers, 240 sont encore couverts de forêts.

Au 11ème siècle, Waremme est donc déjà une grosse bourgade agricole. Un bonnier équivalant environ à un hectare, on peut en déduire que le domaine d’ERMENGARDE à Waremme s’étend sur plus de 1.000 hectares (soit environ 70% de la commune de Waremme avant la fusion des communes).

En compensation de cette donation, l’Évêque lui assure l’usufruit de 2 fermes (à Frère et à Alken), la première prévôté qui deviendra vacante, une prébende de 30 livres dans chaque monastère.

La charte de donation révèle que la Comtesse ERMENGARDE et le Prince-Evêque DE VERDUN Henri voulaient être inhumés au même endroit (« … in loco illo ubi communiter voluerimus requiescrere … »), mais ce ne sera probablement pas le cas !

Peu de temps après cette donation, la Comtesse entrera en religion.

La chaussée romaine

A partir du milieu du IIIème siècle, la chaussée romaine reprend une importance stratégique. Elle sert d’appui à un réseau de fortifications destinées à contrer les raids des tribus germaniques. Ces fortins ont aujourd’hui disparu.

Les Chauques ravagent la Hesbaye

Chauques

En l’an 177 ou 178, sous le règne de l’empereur MARC-AURELE, les Chauques, peuple germain, s’avancent jusqu’à l’emplacement actuel de Waremme, dévastent la Hesbaye et y ruinent les villas romaines qui y sont érigées. Ils ont probablement attaqué la Gaule par une offensive maritime.

marc-aurèle

marc-aurèle

Les villas romaines dans la région de Waremme

Dans le dernier quart du 1er siècle, de nombreuses villas sont construites dans les régions limoneuses et très fertiles de la moyenne Belgique C’est ainsi que sont bâties une villa romaine, dotée d’un hypocauste, dans la campagne de la Haute Wegge, et d’autres constructions romaines à Lantremange et à Waremme.

Un noyau d’habitations est créé à Waremme par les Romains

Au 1er sèche, des fortins (burgi) en terre et en bois sont construits aux abords de la chaussée romaine, échelonnés à distance régulière d’environ 30 kilomètres (ce qui correspondait à une journée de marche). Des petits noyaux de type urbain s’implantent autour de ces fortins. Ils abritent des ateliers, des commerces, des bains, des temples, …. Les concubines des soldats, leurs enfants, des commerçants, des artisans, des filles de joie y résident. Les haltes routières de ce type, comme celle de Braives, sont appelées « vicus ». Des relais de moindre importance sont aménagés à mi-distance entre deux « vicus ».

Des Romains semblent donc avoir séjourné dans la région de Waremme. La présence de tumuli pourrait en attester. Les tumuli servent généralement à recevoir les cendres de quelque riche propriétaire foncier ou autre personnage en vue. Ces tombes monumentales commencent à être implantées à partir du dernier quart du 1er siècle. (Il faut néanmoins examiner la possibilité que, pour ensevelir leurs notables, les Romains utilisent des tumuli existants, érigés par les autochtones avant leur arrivée)