En 1942, le récit original de la bande dessinée « Le Secret de la Licorne » de REMY Georges, dit « Hergé », paraît en « strips » quotidiens dans le journal « Le Soir », alors aux mains des propagandistes allemands.
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« Le Soir » à nouveau libre (Belgique)
En septembre 1944, ROSSEL Marie-Thérèse reprend le contrôle du journal « Le Soir », confisqué par les propagandistes allemands dès juin 1940. Nombre de journalistes, qui ont refusé de travailler pour l’Occupant, rejoignent la propriétaire du « Soir ».
Durant l’occupation, de jeunes Waremmiens « patinent »
Durant l’hiver 1941, un groupe de jeunes Waremmiens se retrouvent sur la prairie « Moes », transformée en patinoire, dans le quartier du Fond d’Or à Waremme:
- DEGENEFFE Désiré
- BOURMANNE André
- BARTHELEMY Constant
- PETITJEAN Louis
- BRITTE Marie
- PIRON Ghislaine
- JACOB Emile
- ROUA Raymond
- HENROTEAUX Willy
- MARNEFFE Georges
- PIRLET Charly
- …
Waremme, ville de « garnison
Fin décembre 1944, Waremme est une ville de « garnison.
Waremme vit à l’heure du cosmopolitisme : il y a environ 5.000 militaires américains, canadiens et anglais. Il y a aussi 5.000 civils, dont de nombreux réfugiés. On voit aussi des prisonniers allemands enfermés, notamment, dans les caves de la râperie. Ils sont utilisés pour réparer les trous et les ornières des routes. Ainsi, près de la poste, subsiste une excavation qu’on ne parvient pas à combler, car les chars Sherman vont tourner sur place à cet endroit. Les plaques d’égout sont remplacées. De nombreuses façades sont ébréchées, des arbres écorchés.
Des soldats logent chez l’habitant ou au collège, même dans les corridors.
Des GI échangent leurs armes individuelles, des pistolets « Lüger » pris à des Allemands ou des fourrures contre de l’alcool. Dans les cafés, on consomme du whisky, du cognac, de la bière au sel, malgré la surveillance de la police militaire qui patrouille de 19 à 21 h. Plusieurs distilleries clandestines « bouillent le cru ».
Civils et militaires adorent les cigarettes. Même les femmes s’y mettent : Camel, Philip Morris, Lucky Strike, King Size Raleigh ou les Navy Cut parfumées, présentées en boîte en fer. Des trafiquants le savent bien et n’hésitent pas à ouvrir les wagons, à éventrer les boîtes de « ration K » pour en retirer les « sèches », quitte à jeter la nourriture sur le ballast ou le talus.
Pour se chauffer, on utilise du charbon qui arrive par wagons, mais parfois, des détonateurs sont mélangés aux blocs de houille et explosent lorsqu’on les met au feu. Il est plus prudent d’utiliser le brasero américain à mazout.
A l’auberge du « Cheval Blanc », rue Emile Hallet, Noirs et Blancs trouvent à la fois chaleur, boissons, tabac et âme sœur d’un soir. Des prostituées suivent les vainqueurs depuis Reims. Ces Françaises, en cas de maladie, sont amenées aux Récollets de Liège et soignées aux frais de la communauté. Les GI indisciplinés sont enfermés dans les caves de l’Hôtel de Ville. Un jour, pour libéré un copain, des soldats attachent un GMC à la grille gauche de l’entrée et l’arrachent.
Parmi les soldats américains en garnison, un se fixera à Waremme : LUCAS-LAGRANGE Walter.
Des Anglais sont cantonnés à Grand-Axhe.
Des artisans réquisitionnés par les Allemands (Waremme)
En juillet 1944, différents artisans de Waremme sont réquisitionnés pour effectuer des travaux pour la Kommandantur.
Les artisans qui doivent travailler pour la Kommandantur sont :
- GIUSTI Charles, vitrier (il doit remplacer un carreau)
- COUCHANT Edouard, serrurier (il doit réparer la barrière)
- PUTZEYS Louis, électricien (il doit changer un interrupteur récalcitrant)
- BARTHOLOME Marie-Odile (elle doit laver le linge des Allemands)
- HAYENS Désirée (elle doit nettoyer les locaux)
- VANKEERBERGEN Octavie (elle doit également nettoyer les locaux) – …
Tous ces frais sont couverts par la caisse communale et c’est le receveur COEME Joseph qui est chargé de régler les factures.
Waremme sous l’Occupation
En 1943, l’endroit à éviter par excellence à Waremme est la Feldgendarmerie de la Grand-Place. Son chef est UMFRIED Paul, un Autrichien, qui ne sera pas pressé de regagner le Reich, peut-être à cause de sa maîtresse polonaise de Petit-Axhe. Il commande une dizaine d’hommes, qui circulent le plus souvent à Vélo. A la fin de la guerre, le poste ne disposera plus que d’un seul engin motorisé : un side-car. Les cachots se trouvent dans la cour, située à l’arrière du bâtiment.
Les Feldgendarmes s’occupent de la surveillance des convois, de la capture des rôdeurs, terroristes et déserteurs. Ils combattent le marché noir, maintiennent la discipline dans l’armée, débusquent les réfractaires avec les forces de l’ordre locales.
A craindre également, la C.N.A.A. établie, à l’époque, dans l’immeuble GENICOT, au n° 8 de la rue Sous-le-Château (emplacement occupé plus tard par le Nopri). Le responsable des contrôleurs, chef de la garde rurale, est CRANINX, dont on connaît l’uniforme brun. Il circule en auto (plus tard à moto).
Le dépôt communal est également rue Sous-le-Château. On y stocke notamment les grilles garnissant les fenêtres de la gare et de la poste.
Le « Secours d’Hiver » a son siège local dans l’immeuble de la rue Joseph Wauters (n° 8 et 10 actuels ?).
Le commissariat d’arrondissement est situé rue de Sélys (n° 29). Dans ces bureaux se trouve la juridiction de la répression des fraudes, qui placarde de temps en temps des avis dénonçant les contrevenants.
L’aide aux clandestins à Waremme
En 1942, l’aide aux clandestins s’organise. Au sein, du personnel des administrations communales, existe un réseau de vigilance qui prévient les gens recherchés, lors des enquêtes de l’occupant allemand dans les registres de population et d’état civil. Des voisins immédiats ou des membres de la famille des employés servent d’intermédiaires.
Les secrétaires communaux procurent de fausses cartes d’identité, usurpant le nom de personnes décédées ou ‘homonymes vivant dans d’autres communes.
Souvent des sympathisants servent de vigies et de boîtes aux lettres pour transmettre des informations ou protéger un résistant. Ils offrent leur logement à celui qui doit passer une nuit ou deux à l’extérieur.
On utilise brise-vue, volets ou persiennes qui permettent de surveiller tout déplacement ou visite suspecte autour d’un lieu protégé.
Les cultivateurs waremmiens « trafiquent ».
En 1942, les paysans mettent beaucoup de mauvaise volonté à exécuter les ordonnances de l’occupant. A tel point que l’on a constaté que la région de Waremme fournit, en froment, un rendement inférieur de deux sacs à celui des Polders !
Nombreuses sont les cachotteries. Ainsi, à l’étage, toute une chambre peut être remplie de sacs d’avoine. Du grain peut être enterré dans des caisses. Sous des ballots, dans une obscurité totale, on engraisse des porcs.
Pas de danger en cas de contrôle : ils restent silencieux en se contentant d’écouter. Pourtant, tout est vérifié : traite dans les étables, écrémeuses, battage à la machine. Mais les contrôleurs, très sévères au début, ont compris que leur « carrière » dépend de leurs facultés d’accommodement.
N’en verra-t-on pas certains exécutés par des inconnus. Alors, ils ferment les yeux de plus en plus. Ils savent que derrière leur dos, on enlève le plomb des écrémeuses, qu’on repoinçonne plus tard avec une pince trafiquée, commandée chez un forgeron. Quand on compte les sacs, ils écrivent le nombre qu’on leur indique. Quand on leur parle d’une étendue plantée, ils font confiance, sans vérifier. Quand on cuira des frites à l’huile de colza, ils se tairont.
Les gendarmes eux-mêmes, sont complices de l’illégalité. Ces braves pandores ne signeront-ils pas des rapports d’incendie sans se rendre sur place. On emplira un chariot de bottes de colza, on les foulera au pied puis on récoltera la semence déposée au fond. Ou bien on frappera les gerbes sur une bâche. Ensuite, on fera des tiges une meule que l’on incendiera. En cas de risque, on demandera l’aide des clandestins.
La Garde Civile Territoriale de Waremme
En 1942, une Garde Civile Territoriale est organisée à Waremme, sur injonction des autorités occupantes.
Cette Garde Civile Territoriale est chargée de faire respecter les règles d’occultation et, en cas de bombardement, de mettre sur pied une équipe de pompiers et des équipes de sauveteurs pour porter secours aux victimes.
Le siège de cette Garde Civile Territoriale se trouve à l’Hôtel de Ville et son bureau est composé comme suit :
- DELLEUZE Hubert (chef de garde)
- THIBEAU B. (secrétaire)
- MARCHOUL G. (trésorier)
- GIELEN (chef de service)
- DUMONT G. (service spécial)
La situation alimentaire et sanitaire de la population de Waremme
En 1942, le lait est devenu rare sur le marché. Les causes sont diverses : faible rendement à cause de la pénurie de fourrage, pertes dues à des problèmes de transport, mais surtout le problème de la fraude. Le prix du lait est réduit, alors que le prix du beurre est incroyablement élevé. Les producteurs conservent donc leur « or blanc » et le vendent en secret, au marché noir.
Le sucre est quasi introuvable. Le café quotidien est un mélange d’orge, de pois et de chicorée torréfié. Rares sont les légumes, à cause de la médiocrité des récoltes et du peu de plants de qualité. A l’exception des pommes, les fruits sont hors de prix. Beaucoup de gens souffrent d’anémie, digèrent et respirent mal, leur cœur bat vite. Ils résistent moins bien au froid, sont plus vite infectés et guérissent moins vite de blessures. Le manque de calcium favorise les caries et affections des articulations. Tuberculose et fausses couches se multiplient.
Quant au pain, en plus du seigle, divers succédanés (férule, betteraves sucrières, légumes séchés, épeautre, orge et paille moulue) sont ajoutés au froment. Dans les villes, le pain n’est plus qu’une croûte grise et dure, recouvrant une pâte visqueuse et grise. On ne peut le vendre frais. Il doit reposer au moins 24 heures, sinon, impossible de le couper. Quand on peut, on essaie de fabriquer soi-même son pain. Les anciens fours sont rallumés. On va de ferme en ferme pour chercher de la marchandise. Dans, les chaumes, on glane à qui mieux-mieux. Une fois le son séparé de la farine, on moud à nouveau le son et on le tamise avant d’épaissir le potage.
Il y a pénurie de viande. La production de fourrage étant très réduit, nourrir les animaux avec des céréales étant interdit, beaucoup de prairies étant labourées, des paysans abattent des porcs en masse. Alors que cet élevage est aisé et que le cochon fournit la majeure partie de l’approvisionnement en viande. Le cheptel bovin diminue de 20 %, les porcs de 50 % et l’aviculture de 80 %. On consomme donc exclusivement de la viande de bœuf, cependant que la préférence du public va à la chair de nourrain, plus riche en graisse. Il est vrai que souvent les boucheries sont vides.
Le savon ne vaut rien. Quand on a plus de huit ans, on a droit à un morceau de savon « fin ». Au début, c’est un petit rectangle vert baptisé « flotteur », vu qu’il surnage. Ensuite, apparaît un savon très dur et gras, à base d’argile. Il ne mousse pas, mais décape la peau. Ces deux types d’ersatz s’usent très vite. Alors on en fabrique avec le contenu des boyaux de porc …
Les poudres à lessiver (Hemco, Imi, Ata, Moussol, Lama, …) sont peu efficaces, contenant en plus des substances dangereuses pour les mains et les textiles.
Nettoyer la maison est aléatoire vu le manque de brosses et de serpillières. Faites de fibres, les brosses cassent vite. Les toiles à laver sont des sacs de jute usés. On ne fait plus le grand nettoyage de printemps. Plus de crépissage, de peinture ou de nouveau papier peint. Les rideaux sont à présent jaunis et lourds de poussière.

