Des Résistants dérobent des dossiers aux Allemands (Waremme)

Le 26 décembre 1942, pendant la nuit, des Résistants du « Réseau Otarie » décident de s’introduire à la « Werbestelle », située dans les locaux de l’école communale de Waremme, et d’y voler tous les dossiers.

Ces résistants sont :

  • NELIS Gaston
  • BERGER Léon
  • BAILLY Joseph
  • RAMQUET Paul
  • DE NECHERE (DE NECKERE ?) Jean
  • DELVIGNE
  • POELMANS
  • GONTHIER
  • et les deux gendarmes GERARD Omer et WALGRAFF Adelin.

Deux Feldgendarmes, qui reviennent du cinéma « Les Variétés », fument une cigarette à quelques mètres du local, sans se rendre compte de ce qui s’y passe.

Les moissons sont particulièrement faibles (Waremme)

Fin août 1941, les moissons sont calamiteuses en Hesbaye.

De mémoire d’homme, on n’a jamais vu une telle affliction, à cause des pluies persistantes de ces dernières semaines. Les grains versés commencent à germer. Les gerbes restées aux champs verdissent comme herbe des prés. Les avoines sont en général couchées ou bien leur tige est cassée à mi-hauteur.

Ajoutez à cela le maraudage. Le Ciel serait-il courroucé ?

Les terribles épreuves du monde paysan, comme celles du temps des guerres de LOUIS XIV, recommenceraient-elles ? Heureusement, les agriculteurs ne perdent pas courage.

Des troupes d’occupation quittent la région (Waremme – Bettincourt)

Au début mai 1941, leur instruction terminée, des troupes d’occupation quittent la région de Waremme.

Ces troupes allemandes sont venues s’entraîner dans la région de Waremme. On s’est habitué à leurs manœuvres, depuis l’automne 1940. Vêtues de salopettes blanches, de jeunes recrues encadrées, logeaient chez l’habitant, marchaient au pas tous les jours, creusaient des trous, tendaient du barbelé, coupaient des fils, …

Leur stand de tir se trouvait au Bois de Horne à Bettincourt.

Les cavaliers et les fantassins pratiquaient leur culte, catholique ou protestant, à l’église paroissiale. Toutes les semaines, ils assistaient à des projections de films de guerre réalistes, afin de les aguerrir. Certains s’évanouissaient pendant la séance …

Après d’énormes réquisitions en fourrage, foin, paille, ils partent en train pour la Pologne et l’URSS. L’embarquement prend plusieurs jours. Les plus beaux chevaux de trait, ainsi que des bovidés ont été requisitionnés en grande quantité.

Le Comité de Secours d’Hiver de Waremme

Fin 1940, les membres du Comité de Secours d’Hiver de Waremme sont:

  • Président : THOMAS Jules (instituteur pensionné et invalide de guerre)
  • Finances : COEME Joseph (receveur communal)
  • Contrôle : LEGROS Joseph (caissier de banque et ancien combattant de la Première Guerre Mondiale)
  • Soupe et vêtements : FALLA Julia (directrice économe de la soupe scolaire)
  • Approvisionnement : GHAYE Camille (surveillant provincial et président du Comité de Ravitaillement)
  • Propagande : YANS Arthur (président de la société royale « La Pédale »)
  • Distribution : DETHIER Octave (membre de l’assistance publique)
  • Médecine : Docteur ANGENOTJoseph
  • Vice-présidente : La Baronne DE SELYS-LONGCHAMPS Michel
  • Secrétaire effectif : BEAUJEAN Alfred (instituteur pensionné)
  • Secrétaire adjoint : BAWIN René (employé à la C.A.P.)
  • Membre : JOACHIM Guillaume (bourgmestre).

Au décès de THOMAS Jules, la présidence sera assurée par la Baronne DE SELYS-LONGCHAMPS.

La gare de Waremme

En 1940, la gare de Waremme compte neuf voies parallèles, à l’endroit le plus large des installations, et 42 aiguillages entre le passage à niveau de la rue de Sélys-Longchamps et la râperie.

En plus du bâtiment réservé aux voyageurs, il y a un grand hangar où sont entreposés les produits qui transitent de et vers les entreprises de la région.

La cour aux marchandises, qui s’étend sur près de cinq cents mètres, donne accès aux quais de chargement où l’on trouve même une grue fixe.

Dans la rue Gustave Renier, trois entreprises ont un raccordement ferriviaire : les Etablissements « Vers l’Avenir » (denrées coloniales), l’Union Coopérative (farines pour la boulangerie) et le Boerenbond.

Au-delà de la rue Ernest Malvoz, une voie latérale conduit aux caniveaux de la râperie. Ce raccordement se divise ensuite en six voies distinctes pour permettre le déchargement simultané des wagons de betteraves.

Côté sud, les Etablissements Hesbaco ont également un accès direct au réseau ferroviaire.

Vers l’ouest, les voies latérales se multiplient en direction des Engrais Beauduin et du complexe industriel à caractère agricole qui s’étend vers la rue des Fabriques.

C’est également de ce côté que se trouve la gare des Vicinaux. On trouve encore des ateliers de réparation du matériel ferroviaire.

La Résistance s’organise à Waremme

En 1940, la Résistance s’organise à Waremme.

Le groupe des Résistants s’étoffe peu à peu, notamment avec le concours de l’abbé PIRSON.

A cette époque, il existe déjà, chez LAMBERT Sidonie, un petit dépôt clandestin qui contient des fusils récupérés et un poste émetteur.

Bientôt, les volontés se soudent. Parmi elles, le capitaine NAVEAU de Hollogne. L’adjudant LEBURTON Edmond fait inscrire deux pelotons d’hommes résolus qu’il a recrutés. Au même moment, le lieutenant RENSON prend contact avec l’abbé LYSENS, curé de Berloz, qui a réuni autour de lui des « confidents résolus ». D’autres se joignent à cette phalange, dont ACCURIA Albert, ORBAN Richard, GERADON Joseph de Grand-Axhe, PEREE, PIRE, et de jeunes flamands de Borloo, Buvingen, Goer.

Tous ces éléments nouveaux entraînent « d’autres amis discrets »

Les denrées alimentaires rationnées (Belgique – Allemagne)

Le 7 juin 1940, le Moniteur belge publie l’arrêté  ministériel qui instaure le rationnement des denrées alimentaires imposé par l’occupant allemand.

La ration journalière maximum est fixée à :

  • pain ou farine : 170 gr par jour
  • café vert : 10 gr par jour
  • féculents, semoule de céréales, gruau d’avoine : 20 gr par jour
  • légumes secs : 20 gr par jour
  • sucre : 30 gr par jour
  • pommes de terre : 500 gr par jour
  • savon : 20 gr par jour.

Remise en ordre à Waremme

Fin mai 1940, c’est la remise en ordre à Waremme.

Le central téléphonique, à gauche de l’entrée de la gare, pillé par les évacués, est remis en ordre par les « Landser » des chemins de fer, habillés en bleu.

Il faut aussi rétablir les voies, car déjà y poussent herbes et orties. Dans le bâtiment des marchandises se trouve un coffre-fort. L’occupant a tenté de l’éventrer à la masse, longtemps … Il ne contenait que des timbres du chemin de fer …

L’organisation Todt récupère le matériel, surtout militaire, dispersé dans les villages des environs, notamment des canons égueulés (par les nôtres). Ces objets sont entreposés dans la gare où des prisonniers de guerre font le tri, avant d’être envoyés derrière les barbelés.

Des organisations charitables voient le jour. On crée l’A.R.F.E.G. (Aide et Reconstruction des Foyers Eprouvés par la Guerre). Les meubles des sinistrés sont regroupés en dépôt, rue Sous-le-Château, par des jeunes porteurs d’un brassard de couleur vert pâle. Un bureau pour les réfugiés est également ouvert. La Croix-Rouge accueille d’abord une vingtaine de personnes.

Situation de Waremme dans les jours qui suivent l’invasion.

En 1940, au lendemain (dans les jours qui suivent) de l’invasion de Waremme, les magasins, surtout d’alimentation, sont carrément dévalisés grâce aux marks de guerre surévalués. Il n’y a plus de costumes chez BRASSINE, à Waremme. Les troupiers ont la même odeur qu’en 14 : le cuir graissé par la transpiration, le pain sûr et la fumée des feux de tourbe.

Ils passent en longues colonnes avenue Reine Astrid : voitures, camions automobiles et hippomobiles, aux phares occultés. Cela durera quinze jours. Les soldats avancent trois par trois, à la ceinture des cartouchières, au dos un petit sac. Dessus, une toile de tente en camouflage, roulée, tenue par une lanière. Au-dessus du tout, un « pain » rectangulaire.

Intercalés entre les véhicules tirés par les chevaux, des camions dotés de mitrailleuses quadruples de DCA. Pour éviter des blessures aux chevaux, sous les harnais, du mousse de couleur rouge. Il y en a tellement que le crottin assourdit le roulement continuel. Puis, quand arrivent les gros obusiers, tout tremble.

On voit aussi des cyclistes. Leur machine est munie d’un dispositif antivol, constitué par un levier au-dessus de la tigepotte-guidon, permettant de l’enlever. Ainsi, le cycliste emporte avec lui son guidon !

Aux puits et aux fontaines, partout où le « landser » est susceptible de ‘abreuver, un camion laboratoire s’arrête afin d’analyser l’eau. Un écriteau avec le mot « Trinkwasser » est planté si l’eau est potable. Ainsi, à Longchamps, la fontaine Saint-Michel est entourée d’hommes et de chevaux.

Les pompes à essence sont réquisitionnées. Ainsi, celle du taxi DEPAS, avenue Reine Astrid à Waremme. Les Allemands placent sur les pompes des chaînes et des cadenas d’un modèle standard, dont les diverses unités détiennent chacune une clé.

La chaussée romaine est sillonnée par des convois d’ambulances. A Grand’Axhe, face à la ferme PIRSON, on enterre des morts. Le lazaret ( ?) se trouve dans les locaux de l’Ecole Moyenne, rue Lejeune à Waremme. Dans la cour stationne un camion benne. Une fois plein, il va remplir au cimetière les fosses communes.

Des gardiens surveillent 80 prisonniers de guerre français. Au collège, une section locale de la Croix-Rouge, avec du personnel civil, soigne des blessés nord-africains ou de métropole. Un dentiste, le docteur ANGENOT est le chef. Madame JEANNE, de la clinique Joseph Wauters, est l’infirmière en chef.

D’autres prisonniers français, environ 500, se trouvent au stade de Longchamps, dès le 14 mai.

La Kommandantur de Waremme s’équipe

En mai 1940, la Kommandantur de Waremme s’équipe.

Du mobilier est réquisitionné à la Maison Libérale, rue Joseph Wauters, pour être installé à la Kommandantur : trois tables en chêne et quarante chaises à fond plein.

La « Feldgendarmerie » s’équipe petit à petit. La barrière de la cour et sa serrure sont réparées. On installe un frigo « électro-automatique » et une baignoire, un lavabo, un chauffe-bain, un évier.

Les Allemands commandent à DAMOISEAU Edmond un plan de Waremme au 1/10.000. Ils font confectionner à GOFFIN Marcel des panneaux de signalisation routière. Le charron JACOB Louis livre et place un mat sur la place devant la « Feldgendarmerie ».

Par ordre du bourgmestre de Waremme, plusieurs femmes doivent se mettre à la disposition des Allemands et travailler pour eux :

  • HAYENS Désirée (doit travailler à la « Feldgendarmerie »
  • VAN KEERBERGHEN-HELKENEERS Mariette (doit travailler à la « Feldgendarmerie »)
  • LABYE Andréa (doit travailler à la « Kommandantur »)
  • FRANKENNE-ROBERT Juliette (doit travailler à la « Kommandantur »)

Tous ces frais sont à charge de la commune.