Le « franc alleu » de Waremme

Au début de l’année 1078, la Comtesse ERMENGARDE possède tout le territoire de Waremme en « franc alleu », c’est-à-dire en propriété complète, par héritage, libre de tous devoirs féodaux.

Descendance de Michel-Edmond de Sélys-Longchamps et de Sophie-Caroline d’Homalius d’Halloy (Waremme)

Au 22 décembre 1869, DE SELYS-LONGCHAMPS Michel-Edmond et D’HOMALIUS D’HALLOY Sophie-Caroline ont eu la descendance suivante:

  • DE SELYS-LONGCHAMPS Caroline, née à Liège le 25 février 1839. Elle a épousé le 14 avril 1864, le Comte LALLEMANT-DE LE VIGNEN Jules-Félix.
  • DE SELYS-LONGCHAMPS Raphaël, né à Liège le 20 novembre 1841. Officier de cavalerie, il épousera le 19 juin 1872 DE BRIGODE DE KEMLAND Eusébie.
  • DE SELYS-LONGCHAMPS Walthère, né à Liège le 21 décembre 1846. Il sera sénateur de l’arrondissement de Namur en 1896. Il épousera DAVIGNON Joséphine.
  • DE SELYS-LONGCHAMPS Marguerite, née à Liège en 1848. Elle est décédée en mai 1852, à l’âge de 4 ans.

Portrait de Irène Jadot en 1945 (Waremme)

Durant la Deuxième Guerre Mondiale, JADOT Irène entre dans la Résistance. Dès 1941, elle est agent de renseignement et d’action, au service « Luc-Marc ». Durant une mission chez la Comtesse DE BORCHGRAVE D’ALTENA, au château de Lexhy, elle est blessée à la tête. Elle est opérée à trois reprises.

Elle sera reconnue invalide de guerre.

Le traité de Meersen (Hesbaye)

En 870, CHARLES LE CHAUVE et LOUIS LE GERMANIQUE se partagent le royaume de leur neveu, LOTHAIRE II, par la signature de traité de Meersen. Cet accord attribue quatre comtés hesbignons à CHARLES LE CHAUVE.

Statuts de la Confrérie Saint-Sébastien des Archers de Waremme

Le 11 juin 1750, les statuts de la Confrérie Saint-Sébastien des Archers de Waremme sont confirmés par une ordonnance du Conseil privé du Prince-Evêque de Liège, DE BAVIERE Jean-Théodore.

Ce règlement de 1750, donne quelques détails sur son organisation.

Tous ceux qui désirent s’enrôler dans la confrérie doivent présenter requête à cet effet et ne sont admis que sur l’avis conforme des membres. Ils prêtent ensuite serment solennel de la foi catholique, apostolique et romaine, et de maintenir les statuts. Comme droit d’entrée, le nouveau confrère doit payer 7 florins brabant et faire brûler trois chandelles d’un patard devant l’image de Saint-Sébastien, patron de la confrérie.

Le jour de la fête de Saint-Sébastien, de la Pentecôte, à la Fête-Dieu, le jour des Rois et celui de la fête paroissiale, tous les membres de la confrérie sont obligés d’entendre la grand’messe et d’aller à l’offrande avec flèches en mains et précédés du roi portant l’oiseau au col ( ?). Ils doivent également assister tous à la procession munis d’un flambeau.

Le jour de la Pentecôte, on s’assemble vers dix heures du matin pour procéder au tirage de l’oiseau. Celui qui réussit à l’abattre est proclamé roi et doit immédiatement faire brûler trois chandelles devant l’image du glorieux Saint-Sébastien. Le lendemain, il est tenu de fournir à ses frais les prix du concours. Le jour où celui-ci a lieu les confrères se rendent à la prairie des archers, deux à deux, munis de leur arc et de leurs flèches. Il est défendu de proférer le nom du diable ou aucun autre propos déshonnête, non plus dans la prairie que sur la chambre sous peine d’une amende de deux liards. Si quelqu’un vient à jurer ou blasphémer, notablement en colère contre un ou plusieurs confrères, l’amende sera arbitraire.

Le jour de la Pentecôte, le roi est tenu de faire faire un cercle pour danser et de donner un pourboire à celui qui recueille l’oiseau tombé de la perche.

La confrérie fait célébrer chaque année une messe, le jour de la Saint-Sébastien et le mercredi après la Pentecôte, pour les âmes des confrères défunts. Tous les membres sont obligés d’assister à ces deux services, sous peine d’être condamnés à faire dire une messe pour les confrères.

A la mort d’un des confrères, ses obsèques sont célébrées aux frais de l’association, et de plus chacun des survivants doit faire dire une messe pour le repos de l’âme du défunt.

On ne peut s’assoir sur la table de la chambre ni sur la pierre de la prairie sous peine d’amende. La chambre des archers, autrement dit le local de la confrérie, est situé dans le grenier de l’hôtel de ville. La prairie où les exercices ont lieu est située le long du Geer (la table de pierre s’y trouvait encore en 1889).

Il est défendu de boire au pot, sinon faute de verre.

Le lundi de la Pentecôte, la confrérie donne à ses frais un banquet auquel tous les membres doivent assister.

Il est interdit aux confrères, à peine de 10 sous d’amende, de se rendre au cabaret après les réunions de l’association.

La cotisation annuelle est d’un florin brabant.

La confrérie possède trois pièces de terre, dont la ville lui  fait donation dans les siècles précédents : une terre de sept verges grandes à Bettincourt, dite prairie de la Vierge-Marie ; le pré des Archers dessous le château de sept verges également (une quarantaine de mètres de long) où le tir s’effectue d’ouest en est ; une prairie traversée par la Mulle, près de la Costalle, entre la longue ruelle et la campagnette, près de Mouhin. Cette dernière sera vendue le 5 avril 1768 au seigneur Comte DE BORCHGRAVE DE BOVELING, moyennant une rente de six muids d’épeautre.

L’élection du Conseil communal de Waremme est modifiée

ferdinand de bavière prince-évèque de liège

ferdinand de bavière prince-évèque de liège

Le 31 juillet 1620, une ordonnance du Prince-Evêque DE BAVIERE Ferdinand réforme complètement la composition et surtout l’élection du Conseil communal de Waremme.

Dorénavant, l’élection du Conseil communal de Waremme se déroule comme suit :

Le jour de la Saint-André, après la première messe, la cloche appelle les membres des dix Métiers organisés, qui se rassemblent devant l’Hôtel de Ville : les boulangers, les brasseurs, les mangons (bouchers), les merciers, les viniers (marchands de vin), les parmentiers (tailleurs), les cordonniers, les charpentiers, les fèves (forgerons) et les maçons.

Chaque Métier désigne son candidat. Cinq de ces jurés sont choisis par tirage au sort. Les élus cooptent deux derniers représentants, un du hameau de Longchamps et un dernier du hameau de Bettincourt. Le conseil ainsi formé désigne ensuite deux bourgmestres. (Jusque-là, il n’y avait qu’un seul bourgmestre élu). Un de ces deux bourgmestres doit obligatoirement être domicilié à Longchamps ou à Bettincourt. Les Jurés ont, entre autres charges, la responsabilité de la surveillance du marché, la fixation du prix du pain et la vérification des poids et mesures.

 

Texte de l’ordonnance

 » Ferdinand, par la grâce de Dieu esleu et confirmé archevesque de Cologne, du saint-empire romain, par l’Italie, archichancelier et prince électeur, évesque de Liège, Hildesheim et Munster, coadjuteur de Paterborn (?) et Bergtesgade, administrateur de Stavelot, comte palatin du Rhin, duc des deux Bavières, Wesphale, Engeren et Bouillon, marquis de Franchimont, comte de Looz, Logne, Horne, etc …, à tous ceux qui ces présentes verront ou lire orront, salut.

Comme, sur les difficultés et malentendus survenus en nostre ville de Waremme, tant pour le fait de la police que règlement et administration des communes d’icelle, nous eussions député quelqu’un de nostre conseil pour s’informer et les apaiser, si faire se pourroit; après avoir ouï son rapport et meure (?) délibération, avons, de l’avis de vénérables nos très chers et féaux les chanceliers et gens de nostredit conseil privé, pour le bien et le repos de ladite ville, aussi pour obvier aux semblables difficultés qui pourroient ci-après sourdre, jugé expédient concevoir, ordonner et statuer les points et articles suivants, savoir:

Que d’ici en avant, se fera en nostredite ville, élection de deux bourguemaistres, jurés et conseil, avec autorité et pouvoir de régir, gouverner et administrer en bon père de famille, les biens, revenus et deniers publics d’icelle.

Le conseil s’eslira d’an en an par l’assemblée des dix métiers, qui sera le jour du saint Andrieu, après la première messe, où chascun mestier eslira un homme d’entre eux. Les dix choisis se retireront à part; auxquels quelqu’un de la justice présentera dix billets qu’il pliera, en leur présence, de forme égale; cinq desquels demeureront blancs et cinq signés: jurés; et tirera chascun desdits dix son billet au sort; ceux qui tomberont aux cinq billets marqués, seront jurés et du conseil. Les cinq jurés choisiront d’accord commun ou à pluralité des voix, deux personnes, l’une de Longchamps et l’autre de Bettincourt, qui seront aussi jurés et du conseil pour ledit an.

  Lesquels sept choisiront deux bourgmaitres, après avoir presté le deu serment, présens l’officier ou mayeur et deux eschevins, l’un du moins habitant en la ville, l’autre de Bettincourt ou Longchamps, hommes capables, de bonne fâme et réputation, et de la religion catholique, apostolique et romaine.

Comme semblablement les bourguemaistres feront le serment de nous estre fidèles et obéissans et à nos successeurs, de garder et maintenir léalement et à leur debvoir les biens, profits, émolumens, droits et privilèges de ladite ville et communauté. Ce fait, seront conduits à l’église, s’ils sont présens, avec les électeurs jurés, puis publiés après la grand-messe.

Les dits bourguemaistres rendront bon compte et reliqua de leur administration, quinze jours avant l’expiration d’icelle, ce qui se debvra publier quinze jours auparavant, présens nostre officier, deux eschevins, jurés et tels qui de la communauté y voudront estre, les huis à cet effet ouverts, et sera licite à un chascun d’y dire et contredire lors et quarante jours après, voire avec raison et fondement, sans calomnie; lesquels expirés, demeureront les rendans absous et deschargés à l’endroit de ladite communauté.

Lesquels bourguemaistres, jurés et conseil seront loisibles et permis d’exposer et renouveler à bail et à plus offrant les parties communes accoutumées estre rendues, voire à six ans et plus, et pour la première despouille, tant seulement, auxquels terme et despouille seront restraintes et limitées les redditions autrement et au précédent faites, sauf que les fermiers pour telle restriction auront rabat du tierce de leur bail.

Et si pour cause ils entendoient rendre lesdites parties à plus long terme, ou autres parties nouvelles hors les dites communes, debvront ce faire du consentement de la généralité ou meilleure partie de la ville et avec nostre préalable octroi; et afin que lesdits bourguemaistres et conseil aient moyen de pourvoir et fournir aux charges, réparations et autres nécessités inévitables de ladite ville, s’il n’y a deniers publics à y fournir, contribueront promptement par taille et accise, sur les bonniers arables, jardins et pré à double, les communes et broucqs à quatre double du pied ordinaire, lequel quatre double sera trouvé sur le bestial pasturant lesdites communes.

Et comme nostredit commis ai disposé que certaines redditions des communes faites au mayeur de Longchamps et Bourguemaistre Boix (Jean Boux ?) seroient cassées, abolies et remises en commun, avons son besoing en ce jour agréable, veuillant qu’il sorte son effet.

Tous lesquels points et articles voulons et nous plaist qu’ils soient dorsenavant gardés et observés sans y contrevenir, à peine d’encourir nostre indignation.

Si mandons et commandons à nos chers et féaux les mayeurs et eschevins de nostredite ville et tous autres qu’il appartiendra, que ces présentes ils fassent lire, publier et enregistrer, garder et observer de point en point selon leur teneur, cessant et faisant cesser tous troubles ou contraire; réservant à nous et nos successeurs d’y adjouster, diminuer, modérer et interpréter, ainsi que trouveront appartenir; car telle est nostre sérieuse volonté.

Donné en nostre cité de Liège, soubs nostre scel secret.

Ce dernier de juillet 1620

Portrait de Jean de Bavière (Liège)

DE BAVIERE Jean-Théodore, Prince-Evêque de Liège

Portrait de Jean de Bavière.
Prince de Liège de 1390 à 1418. Fils du Duc DE BAVIERE Albert, frère du Comte DE HAINAUT Guillaume et beau-frère du Duc de Bourgogne JEAN SANS PEUR. Prince autoritaire, DE BAVIERE Jean se brouille rapidement avec ses sujets. En 1406, il quitte la cité. Son départ entraîne sa déposition et l’élection d’un nouveau Prince : DE PERWEZ Thierry. DE BOURGOGNE Jean se porte au secours de son parent et écrase les Liégeois à Othée, en septembre 1408. La Paix des vainqueurs, dite « Sentence de Lille », supprime toutes les institutions communales liégeoises et DE BAVIERE Jean exerçe, dès lors, un pouvoir sans limites. En 1418, il résigne l’évêché de Liège. Il meurt en 1425.

La bataille d’Othée

Le 23 septembre 1408

En 1406, les opposants à l’élu de Liège DE BAVIERE Jean, surnommés les hédroits, provoquent le départ du Prince. Ils nomment DE PERWEZ Henri mambour de la Principauté et portent le fils de ce dernier, DE PERWEZ Thierry, sur le trône épiscopal. Les beau-frère et frère de DE BAVIERE Jean, le Duc DE BOURGOGNE SANS PEUR Jean et le Comte DE HAINAUT Guillaume, volent au secours du Prince déchu, pour lui rendre le trône épiscopal liégeois.

Depuis 1378, Avignon et Rome ont chacune un Pape. Tandis que Rome soutient DE BAVIERE Jean, Avignon supporte les prétentions de DE PERWEZ Thierry, au siège de Saint-Lambert.

Les forces sont disproportionnées. D’un côté 5 à 6000 communiers liégeois et hutois, renforcés par 500 hommes d’armes à cheval (nobles et notables du pays) et par une centaine d’archers mercenaires anglais commandés par DE PERWEZ Henri. De l’autre, les armées de Bourgogne et de Hainaut, soit 5000 hommes d’armes, dont 3000 cavaliers et un millier d’archers anglais.

Le combat s’achève par la défaite des Liégeois et leur massacre. DE PERWEZ Henri et DE PERWEZ Thierry succombent dans cette boucherie qui fait quelque 8.000 morts. Non contents du carnage opéré sur place, les vainqueurs vont ensuite se livrer à une répression effroyable de la population vaincue: les troupes de DE BOURGOGNE Jean, dit « Jean sans Peur », précipitent des femmes et des ecclésiastiques dans la Meuse, depuis le pont des Arches.

DE BAVIERE Jean peut, dès lors, exercer un pouvoir illimité. La Principauté va perdre une grande part de son indépendance (privation des franchises, amendes énormes à acquitter, …)

Portrait de Jean Sans Peur

JEAN SANS PEUR

Portrait de Jean Sans Peur.

Duc de Bourgogne et Comte de Flandres (Rouvres 1371 – Montereau 1419). Fils aîné de LE HARDI Philippe et de DE MALE Marguerite, il hérite de la Bourgogne à la mort de son père (27 avril 1404), puis de la Flandre et d’autres possessions au décès de sa mère (21 mars 1405). Etroitement mêlé aux affaires de France, il y occupe dès 1405 une position dominante et fait assassiner son rival D’ORLEANS Louis, frère du Roi CHARLES VI, acte générateur de longues discordes internes. Assassiné à son tour lors d’une entrevue diplomatique avec le dauphin Charles, il laisse, de DE BAVIERE Marguerite, fille et sœur des Comtes de Hainaut Aubert et Guillaume IV, outre des filles, un seul fils légitime, Philippe, dit LE BON, son héritier.

La Guerre de la Vache (Ciney)

Vers 1275, 1278, début à Andenne « La Guerre de la Vache ». Une soixantaine de villages seront à feu et à sang. Il y aura de 15 à 20.000 victimes. Tout cela pour une vache volée !

Comment tout cela a-t-il commencé ?

Engoran, paysan de Jallet, vole une vache à un bourgeois de Ciney et tente de la vendre au marché d’Andenne, lors d’un tournoi de grands Seigneurs, en présence du bailly de Ciney, représentant le Prince-Evêque de Liège. Démasqué par les manants de Ciney, et contre promesse de la vie sauve, Engoran restitue le bien à son propriétaire. Mais à peine entrés sur le territoire de la Principauté, où il devait être jugé, les membres de son escorte le pendent.

Profitant de cette atteinte grave à ses droits de justice, le Seigneur de Goesnes, dont dépendait le voleur, déclenche les hostilités contre le bailly de Ciney, DE HALLOY Jean.

Durant plus de deux ans, au fil de renversements d’alliances, Comté de Namur et Principauté de Liège se livrent un conflit sanguinaire que l’on appel « Guerre de la Vache » et qui apporte ruine et désolations.

Elle ne cesse que sur l’intervention du Roi de France, PHILIPPE LE HARDI, qui fait tout simplement rentrer les choses dans l’ordre existant avant les hostilités.

Histoire réelle d’une vache volée ou légende autour d’un conflit d’autorité latent, mais bien réel, qui se consumait entre les deux puissances voisines, dans l’attente d’un prétexte de guerre. Le simple vol d’un animal devint donc le « casus belli », qui en valait bien un autre, pour ces seigneurs toujours prêts à en découdre …